Profil de la clientèle des Mutuelles de Santé à Kinshasa
Résumé
Il est à noter que les mutuelles de santé ne cessent de se développer en Afrique subsaharienne mais leurs taux de pénétration demeurent relativement faibles. Au-delà des facteurs pris en compte dans notre étude, il nous semble que d’autres éléments mériteraient d’être examinés. Ainsi, comme le suggèrent notamment Defourny, Failon (2011), les modes de participation des mutualistes dans l’organisation et les modalités de contrôle des mutuelles par leurs membres ou par voie externe pourraient aussi avoir une influence sur les adhésions. De même, les mutuelles étant les plus souvent créées à l’initiative d’intervenants extérieurs, la crédibilité de ceux-ci auprès des communautés nécessiterait d’être étudiée plus profondément.
Il faut aussi souligner que cette étude se concentre essentiellement sur les enjeux locaux. Elles n’envisagent guère les relations entre les mutuelles de santé et leur environnement plus global, tel le contexte politique national ou régional, l’espace occupé par les Organisations Non Gouvernementales qui les promeuvent ou encore le système sanitaire public à l’échelle nationale. Ce sont là des dimensions qui, elles aussi, mériteraient des analyses approfondies.
Nos analyses indiquent que 10 % seulement des ménages à Kinshasa sont affiliés à une mutuelle de santé parmi nos enquêtés et que les analyses sur les facteurs favorisant l’affiliation à une mutuelle de santé ont retenu dix variables à savoir : le revenu du ménage, le milieu de naissance du chef de ménage , le milieu de socialisation du chef de ménage (c’est-à-dire l’endroit où le chef de ménage a vécu dans son enfance), le niveau socioéconomique du ménage, le type de quartier, l’état matrimonial du chef de ménage, le niveau d’instruction du chef de ménage, la religion du chef de ménage, la taille du ménage et l’activité du chef de ménage.
Nos analyses indiquent que les pauvres sont plus affiliés que les autres niveaux de vie. Les ménages des cités excentrées représentent 25 %, ceux des quartiers résidentiels 8 % et ceux des cités d’extension Sud 7 %. En examinant l’état matrimonial du chef de ménage, les résultats indiquent que les célibataires sont plus affiliés que les mariés monogamiques et mariés polygamiques. Les chefs de ménage qui ont été socialisés à Kinshasa (Milieu où les chefs de ménage ont vécu leur enfance) sont ceux qui ont un niveau d’affiliation le plus élevé que ceux qui ont été socialisés en milieu rural et dans les autres villes.
En ce qui concerne le niveau d’instruction, les chefs de ménage de niveau secondaire sont plus affiliés que ceux du niveau supérieur. La religion du chef de ménage joue aussi un rôle déterminant sur l’affiliation à une mutuelle de santé. Les résultats indiquent que les protestants sont plus affiliés que les autres. Les ménages à revenu faible sont plus affiliés que les autres. En ce qui concerne la taille de ménage, le ménage de taille élevé sont plus affiliés par rapport au ménage de taille moyenne et de taille faible. Ce qui veut tout simplement dire, plus la taille de ménage augmente, plus on cherche de solution de santé. Quant au secteur d’activité, les résultats montrent que ceux qui ne travaillent pas sont plus affiliés à une mutuelle de santé que ceux qui sont dans le secteur formel. Ceci est une évidence dans la mesure où ceux qui ne travaillent pas cherchent à s’affilier pour espérer être pris en charge en cas de survenue d’une quelconque maladie.
En ce qui concerne le profil des ménages qui sont affiliés à une mutuelle de santé, nos analyses nous montrent selon l’axe des X un résultat où nous avons d’une part, les ménages des quartiers résidentiel, Nouvelle cité et ancienne cité, constitués des célibataire, uni de fait et divorcé, dont les chefs de ménage ont été socialisés en milieu urbain, qui prient chez les catholiques et dans les églises de réveil, de niveau des revenus élevé et moyen, de taille de ménage moyenne et faible, travaillant dans le secteur informel et de niveau d’instruction secondaire et en opposition d’autre part les ménages des riche et pauvre, vivant dans les cité d’excentrée Sud, cité excentrée et cité planifiée, de l’état matrimonial marié monogamique, marié polygamique et veuf, dont les chefs de ménage ont été socialisés en milieu rural et urbano rural, qui prient chez les protestant, Kimbanguiste et autres religions, de revenu faible, taille élevée, ne travaille pas et qui travaillent dans le secteur formel et de niveau d’instruction supérieur, primaire et sans instruction.
Par contre en analysant ces résultats en fonction de l’axe des Y, nous avons d’une part une population riche, habitant dans le quartier résidentiel et cité planifiée, vivant en milieu urbain, de religion protestante et catholique, de revenu élevé œuvrant dans le secteur formel et de niveau d’instruction supérieur, en opposition d’autre part à une population pauvre et moyen, résidant dans les cité d’extension Sud, cité excentrée, nouvelle cité et ancienne cité, uni de fait, divorcé/séparé et veuf, socialisée en milieu rural et urbano-rural, de confession religieuse Kimbanguiste, églises de réveil et autres religions, de revenu moyen et faible, de taille de ménage élevée et moyenne, œuvrant dans le secteur informel et ne travaillant pas et de niveau d’instruction secondaire, primaire et sans instruction.
Enfin, les résultats indiquent selon la première dimension que le niveau socioéconomique explique le fait à 72 % et le type de quartier explique à 74% et cette situation est vraiment différente par rapport à la deuxième dimension où le type de quartier explique à 78 % et le niveau socioéconomique également à 78 %.
Mots clés :
Profil de la population, mutuelle de santé, affiliation et clientèle.