Contribution de femmes à l’économie des ménages à Kinshasa : cas de productrices et vendeuses de produits maraichers
Résumé
Cette étude a analysé la contribution des femmes productrices et vendeuses des produits maraichers à l’économie de ménages dans quelques milieux périphériques de Kinshasa. Elle a permis d’identifier les raisons à la base de l’exercice de cette activité ainsi que les difficultés que rencontrent ces femmes dans l’exercice de cette activité salvatrice pour la survie de foyers. Par rapport aux recherches antérieures, notre étude s’est focalisée sur l’évaluation du revenu générée par les activités des femmes maraichères ainsi que ses affectations aux besoins des ménages.
Les données exploitées proviennent d’une enquête effectuée auprès d’un échantillon de 108 femmes dans deux sites maraichers à Kinshasa. Les résultats des analyses descriptives révèlent que le revenu des femmes maraichères varie entre 5000FC et 30000FC par jour avec une moyenne hebdomadaire de 56.712,96 FC alors que le revenu médian est de 35000FC. Les analyses par catégorie des femmes (productrices et vendeuses) montrent que le revenu moyen hebdomadaire des femmes vendeuses des produits maraichers est de 31299,51 FC alors qu’il est trois fois plus élevé chez les productrices des produits maraichers soit 89787,93FC. Concernant les affectations de leurs revenus, les femmes placent les dépenses d’alimentation quotidienne en première position (97,1%) suivi des dépenses de soins santé (86%) et des dépenses en eau et électricité (72,2%).
Les analyses ont aussi montré que 50% des femmes enquêtées affectent une partie de leurs revenus à l’épargne.
L’exercice de ce travail expose les femmes productrices et vendeuses des produits maraichers aux multiples contraintes telles que : le manque d’équipements et matériels agricoles adéquats (22%), l’indisponibilité de fumiers et des engrais chimiques (22%) pour les productrices ; l’exposition aux maladies et intempéries (37%), difficulté d’écouler les marchandises achetées pour les vendeuses. Certaines vendeuses déclarent le faible rendement (3,7%).
L’accès au crédit et l’octroi des intrants agricoles aux femmes maraîchères s’avèrent indispensables pour le maintien et la promotion des activités maraichères à Kinshasa.
Mots clés :
femmes maraichères, économie de ménages, contribution à l’économie des ménages.
Abstract
This study examines the role of women producers and sellers of market garden produce in sustaining household livelihoods in peripheral areas of Kinshasa. It explores the motivations behind their engagement in market gardening, the challenges they face, and the ways they utilize the income generated to support their households. Unlike previous studies, this research focuses specifically on income allocation and economic constraints en countered by these women.
The data were collected in July 2023 through a survey of 108 women living in Masina Petro Congo (along the Ndjili River) and the Funa Valley/Monastery near the University of Kinshasa. Results indicate that women engaged in small-scale horticultural production earn between 5,000 FC and 30,000 FC daily, with an average weekly income of 56,712.96 FC and a median daily income of 35,000 FC. Notably, sellers earn an average of 31,299.51 FC, while producers generate significantly higher incomes, averaging 89,787.93 FC.
Income utilization patterns reveal that the majority of respondents (97.1%) allocate earnings to daily food expenses, followed by healthcare costs (86%) and water/electricity bills (72.2%). Despite modest incomes, 50% of the women reported saving a portion of their earnings.
The study further highlights key constraints faced by women engaged in horticultural production, including limited access to tools, fertilizers, and materials, exposure to harsh weather and disease, and challenges in marketing their produce. These difficulties underscore the resilience of women in this sector, who, despite adverse conditions, remain committed to horticulture as a vital means of livelihood.
Keywords:
horticultural/gardening production, women producers, informal economy, income allocation, household livelihoods.